2020-03-11

Considérant que l’AFELC UQAM défend une société sans frontières, solidaire et inclusive ;

Considérant que les systèmes canadiens et québécois d’immigration sont hautement restrictifs et discriminatoires, en particulier pour les personnes provenant de pays anciennement colonisés ou sous-tutelle, et que leur statut migratoire reste précaire;

Considérant que le gouvernement Legault, depuis son élection en 2018, a mis de l’avant la loi sur la déréglementation de l’industrie du taxi, le projet loi 9 sur l’immigration adopté sous bâillon, le projet de loi 21 sur la “soi-disant” laïcité de l’État et qu’il persiste aujourd’hui dans son attaque avec la modification au Programme expérience québécoise (PEQ), ainsi que le fameux “test des valeurs”, participant donc à la (re)production et à la normalisation des discriminations systémiques;

Considérant que ces modification réglementaires et juridiques s’attaquent en particulier à l’autonomie des personnes identifiées comme femmes, dans leurs possibilités d’emploi, de choix de domaines d’étude ainsi que de possibilité d’immigration, et participent ainsi à la reproduction du système patriarcal;

Considérant que la réforme de l’immigration s’inscrit dans une dynamique conservatrice et réactionnaire renforçant un système à deux vitesses dans un climat toxique des discours haineux, anti-migratoires et xénophobes qui gangrènent actuellement la société québécoise ;

Considérant les discours fallacieux d’arrimage au marché et ses impératifs qui visent à enrayer la recherche fondamentale, ainsi que la diffusion et l’avancement de la pensée critique qui, historiquement, a été le moteur des gains politiques et sociétaux sur lesquels reposent nos sociétés aujourd’hui;

Que l’AFELC UQAM s’oppose ouvertement et fermement aux politiques anti-migratoires xénophobes du gouvernement ainsi qu’à ses dérives identitaires;

Que l’AFELC UQAM dénonce la décision du gouvernement de vouloir aller de l’avant avec une remouture de la réforme d’immigration ainsi que sa décision de maintenir l’ajout d’une liste de programmes d’éducation permettant l’accès au PEQ;

Que l’AFELC UQAM se positionne contre une vision utilitariste de l’immigration qui réduit la valeur de personnes souhaitant participer à notre société à leur simple force de travail;

Que l’AFELC UQAM se positionne contre la vision réductrice de la mission de l’éducation et des études supérieurs qui, pour notre gouvernement, n’a de valeur que si elle sert à produire des travailleuses et travailleurs et non plus à faire avancer la connaissance, la recherche et plus globalement, la société;

Que l’AFELC UQAM dénonce une énième attaque contre l’immigration et les minorités au sein de notre société ainsi que contre la recherche fondamentale, la pensée critique, ainsi que l’accessibilité aux études supérieures;

Que l’AFELC UQAM encourage ses membres à prendre part aux actions et activités de réflexion contre les politiques anti-migratoires et xénophobes du gouvernement;

Que l’AFELC UQAM encourage les autres associations étudiantes, syndicats et autres groupes à se doter d’un mandat identique;

Que l’AFELC UQAM soutienne et diffuse les moyens de pression entrepris par les différents groupes de pression et invite ses membres à y prendre part, et qu’elle se solidarise avec leurs revendications;

Que l’AFELC UQAM fasse les démarches nécessaires pour inviter toutes et tous à être solidaires, à refuser une division qui participe, encore une fois, aux hiérarchies fallacieuses au sein de nos sociétés et à refuser tout compromis, surtout sous forme de clauses orphelines;

Que la mobilisation se fasse dans une logique de contestation large contre les politiques xénophobes, anti-migratoires et misogynes du gouvernement;

Que l’AFELC UQAM s’oppose à tout plafond du nombre d’immigrants admis.